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Les Amis Naturalistes des Coteaux d'Avron
Une association Loi 1901
Etudier, sensibiliser, protéger, gérer...
le Biotope du Fort de Noisy

 

 

Le fort de Noisy fait partie d'un groupe d'anciens forts miltaires ceinturant Paris. 
Son site a donc été préservé jusqu'à nos jours de l'urbanisation qui l'entoure. 
Sur cet ilot de verdure et grace à l'existence de mares et de prairies paturées par des chevaux il  existe un biotope remarquable abritant une très forte population d'amphibiens notamment du rare et protégé Crapaud calamite (Bufo calamita).
Ce site est donc devenu, grâce à l'action de l'ANCA un des 5 biotopes protégés de Seine-St-Denis.

La colline du Fort surplombe l'autoroute et l'urbanisation de Rosny sous Bois. 
Captures de libellules en 2001 par Yannick Lelardoux
,Loïc Lelardoux et Aurelie Hermans

Le paturage pérennise la pelouse et l'aspect ( très dépaysant ) de steppe du site.
Dans une caricaie détrempée au bord d'une mare quasi-asséchée

La ligne vertébrale jaune est caractérisatique du crapaud calamite
  Présence de deux Coléoptères Chrysomelidae d'un grand intérêt faunistique
 
Altica carinthiaca a été capturée à deux reprises (30 avril 1989 et 10 mai 1991) dans la  zone de prairies peu paturées entourant le fort. Il s'agit d'une espèce d'Europe septentrionale et centrale connue, en France, de quelques rares stations des Alpes méridionales et des Pyrénées.  Sa présence en lle-de-France présente donc un grand intérêt puisque Noisy constitue la localité la plus nord-occidentale de cette espèce. En outre sa biologie est actuellement mal connue. Nos observations sur le terrain et la mise en élevage de quelques individus n'ont pas permis jusqu'ici d'identifier la plante-hôte qui pourrait être Sanguisorba minor, Rosacée très commune sur le site. La protection de la station permettra non seulement le maintien de l'espèce comme élément intéressant du patrimoine entomologique de la région mais également la poursuite des investigations relatives à sa biologie.
Cohabitant avec la précédente, une autre Altise, Altica palustris, a aussi été observée en nombre. Cette espèce très récemment signalée en lle-de-France, semble y être assez répandue dans les zones plutôt humides où elle se développe sur diverses espèces d'Epilobium. Sa répartition française est acttlellement à peine connue. Sa présence à Noisy le Sec démontre bien tout l'intérêt de ce site, exceptionnellement riche en zone péri-urbaine.
Les Coléoptères coprophages
(Col. Scarabaeoidea)

La présence de cheval a permis le maintien d'une faune de coprophages riche et variée. Le crottin abrite un grand nombre d'invertébrés, consommateurs primaires (coprophages) ou secondaires (prédateurs des premiers). Parmi les Coléoptères on relève en particulier l'existence de Coléoptères Scarabeides. Deux espèces d'Onthophagus et diverses espèces d'Aphodius ont été observées.

Onthophagus vacca. D'assez grande taille ( 7 - 13 mm. ) et remarquable par sa coloration (avant-corps vert métallique) et par le dimorphisme céphalique des mâles. Il s'agit d'une espèce autrefois commune dans la région mais qui s'est notablement raréfiée au cours des dernières decennies. Onthophagus ovatus, plus discret et de taille inférieure ( 4 - 6 mm. ) , encore assez répandu en Ile-de-France glace à un régime alimentaire moins spécialisé puisqu'il peut aussi se développer dans les petits cadavres, voire dans les champignons décomposés.

Parmi les Aphodius certains sont sporadiques et plus ou moins communs selon les régions A. scrofa, A. distinctus, A. vaccinarius. Les autres sont généralement plus répandus dans toute laFrance :

Aphodius fossor (remarquable par sa relative grande taille : 8 1 1 mm. ), A. fimetatarius, A. ater, A. equestris, A. pusillus. Mais d'une façon générale ces coprophages sont souvent en regression par suite de la réduction de leurs biotopes (terrains découverts. sablonneux ou argileux) et la diminution en prairies naturelles, surtout de la diminution en prairie naturelle des troupeau de certains herbivores (ovins, bovins). Ainsi la quasi disparition des ovins en I1e-de-France a amené beaucoup de coprophages à s'adapter aux excréments des chevaux ou d'autres mammifères (Cervidés. lapins....). L' utilisation de traitements vétérinaires vermifuges pour les animaux d'élevage a également entraîné un net appauvrissement de la faune coprophage,cette dernière étant partiellement détruites par ces produits.

 

Tous ces insectes apparaissent au printemps, parfois dès le mois de février, et se reproduisent selon des modes plus ou moins complexes. Les larves d'Aphodius se développent directement dans la matière stercorale alors que les Onthophagus, associés en couples, creusent des galeries verticales sous les bouses ou les crottins et pondent dans des chambres,véritables nurseries, approvisionnées en nourriture par les parents.

L'utilité des coprophages est évidente. lls permettent la disparition des excréments des mammifères qui, sans leur action, endommagerait gravement le sol des praires. En outre leur biologie, surtout celle des grandes espèces de bousiers, est remarquables et constitue un domaine d'étude passionnant.

Les crottins attirent également de nombreux autres invertébrés : autres coléoptères, diptères, insectes inférieurs, vers... et constituent une chaîne alimentaire complexe dont peuvent également profiter les vertébrés (Oiseaux, Reptiles,Amphibiens....).
En zone urbaine ce milieu vivant et diversifié constitue un centre d'intérêt incontestable et mérite une protection dont la dimension essentielle est évidemment le maintien d'un troupeau de chevaux.

Serge DOGUET
  Les photos qui suivent ont été prises durant la visite 2007 sur le biotope du Fort de Noisy
 
 
Visite du 4 Août 2007 :
Un apport de gravats pour une piste a amené
Urtica urens, chenopodes, Senébiére didyme, et surtout la Lampourde glouteron (Xanthium strumarium).
Les Lampourdes servaient à fabriquer un
colorant jaune (=xanthium en latin) et donc de
nombreuses espèces de Xanthium ont été
introduites 
Mais cette espèce ci provient de
Mediterrannée et avait été vue dans de
nombreuses communes d'Ile de France (par
exemple Ile-St-Denis et St-Denis de 1901 à
1961) . Elle est considérée comme éteinte
actuellement en IDF (plus proches stations dans le Loiret). 
Il s'agit donc d'une curiosité botanique de grand intêret mais qui malheureusement semble commencer à envahir le biotope (Quelques centaines de pieds refusés par le bétail) et donc à contenir sur le remblais.
Autres espèces : lotier, trefle des près et fraisier,gaillet jaune (surtout au bas des clotures), gaillet blanc, Leontodon saxatilis (petits "pissenlits" jaunes nombreux uniquement sur le plateau paturé à ras), panicaut, tetragonolobe, cardére, panais, centaurée des près, Centaurium pulchellum(notamment dans les mares), ranunculus circinatus (det ZNIEFF), plantain d'eau (? car feuilles fines et petites). Nous trouvons un crapaud calamite de couleur très sombre

Pulicaire dysentérique & fenouil (dans le fort non paturé). 
Non revu sur les affleurements calcaires : Hippocrepis.
Une plante à aspect de Jussiée, Petite pimprenelle, Aigremoine, Sauge des près, Luzernes horticoles (jaunes),Euphorbes.