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Les Amis Naturalistes des Coteaux d'Avron
Une association Loi 1901
Etudier, sensibiliser, protéger, gérer...
Le coteau du Bausset à Chelles 77

 

 
Le dossier complet (format word)

Dans le prolongement de la ZNIEFF de Gagny (93) le site du Beausset est une enclave de champs et bois au pied du plateau de Montfermeil.
Il s'agit d'une pente exposée au sud-est, à l'aplomb de la commune de Montfermeil, constituant le nord de la commune de Chelles.
Les sols de la pente sont constitués de marnes et gypses, surplombés par le sable du sommet du plateau en grande partie urbanisée (la commune de Montfermeil).

Cette pente est couverte de bois formés d'essences variées selon les facteurs édaphiques (présence de zone dètrempées et de ruisseaux temporaires) et les conditions d'expositions. Ces bois ne sont pas exploités pour la sylviculture mais constitue une  réserve de chasse.
L'Est de cette zone abrite la carrière du Baussay qui recèle la plupart des milieux ouverts tels que prairies sèches (pelouses marneuses).

Dorycnium du Bausset (scan et plante fournie par Bruno Macé). Plante méridionale des coteaux marneux  déjà signalée par Jovet en 1920 à Montferemeil.

Le sud de cette zone est resté agricole avec des champs de blé et des jachères entrecoupées de haies et bosquets


Les champs du Baussay abritent des plantes messicoles remarquables
Il est classé en ZNIEFF, en Espace Naturel Sensible et une demande d'arrêté de protection de Biotope a été faite par l'ANCA et le RENARD.

Ail à tête ronde (R en IDF) dans un bosquet du Bausset

Il abrite un grand nombre d'espèces animales protégées (oiseaux et même reptiles et mammiféres) et même 3 espèces végétales protégées. (Bellevalia, Falcaire, Alisiersde Fontainebleau )


Falcaire (protégée en IDF) à Chelles


Une petite carrière de Gypse abandonnée permet l'existence d'un flore calcicole héliophile.
Le site du Baussay est la plus grosse station d'Alisier de Fontainebleau de tout l'Est Parisien avec plus de 100 spécimens dont certains de plus de 50 ans d'age (150 cm de tour).

A l'autommne la carrière du Baussay se couvre de couleurs, signe de la grande diversité des espèces arbustives.

LES ALISIERS AU BAUSSAY
La plupart des Alisiers de Fontainebleau  (80 sur 106 connus en janvier 1997) existent autour de la carrière et des anciens vergers.

Il y a  plusieurs raisons à cela:
1) Il s'agit d'un milieu ouvert, chaud généralement sec donc favorable aux alisiers.
2) Cette partie posséde une flore très riche et a été la plus prospectée.
3) Pour cette raison les alisiers s'y reproduisent préférentiellement et les nombreux jeunes arbres sont particulièrement visibles  à hauteur d'homme.
4)La partie Ouest était constituée, jadis, de verger et prairies, ce milieu ouvert à facilité après son abandon la colonisation des arbustes thermophiles : églantiers, viornes, cornouillers, alisiers.

Vieil Alisier de Fontainebleau de 150 cm de tour
Quelques alisiers  croissent en lisière Sud du coteau.

Le boisement a donc gagné de quelques mètres sur la lisière, grace aux espèces arbustives les plus thermophiles.

Enfin des alisiers dispersés sur la plupart du bois suivent les meilleures expositions spécialement entre les altitudes 70-100 mètres ,en évitant les vallons détrempés à peupliers. Ces arbres, tous assez âgés, présentent une conformation en houppier élevé de manière à rechercher la lumière. L'examen direct des feuilles est alors impossible faute de branches basses et seul l' examen conjoint de l'écorce et des feuilles mortes peut permettre de les repérer.
Il s'ensuit qu'en milieu forestier sur des arbres élevés et donc âgés le recensement peut se révéler plutôt difficile. Ainsi paradoxalement les plus beaux spécimens d' alisiers sont les plus discrets.

LES ALISIER ET LES VERGERS

La côte du Baussay abritait jadis de nombreux vergers comme partout en région parisienne. Certains ont été envahis d'arbres et de broussailles, tandis que d'autres ont été remplacés par des champs (remembrement) en laissant des parcelles incongrues de prunier, de poirier, ou des noyers en lisière de culture. Parfois ces fruitiers existent isolés sans que l'on sache s'il s'agit de survivant de parcelles de verger ou d'arbres s'étant propagés seuls.
La spontanéité des Alisiers  a déjà été discutée par l'ANCA:

"....j'ai également mesuré leur circonférence a environ 1 mètre du sol ,ceci m'a permis d' établir les spécimens les plus âgés et donc le sens de leur dispersion. Voici mes conclusions:

1 ) les 2 Alisiers les plus âgés sont a la lisière de la friche qui est un verger à l'abandon on peut estimer leur âge a 50 ans environ (selon A. Mitchell "Tous les arbres de nos forets Bordas p 23) en admettant 2,5 cm/an qui semble un âge minimum pour une espèce de faible développement . Leur origine sauvage ou cultivée est donc litigieuse.

2) Les Alisiers poussant dans le verger n'atteignent eux jamais 95 cm de circonférence et semblent disposés au hasard ce qui semblent exclure que les alisiers aient une origine de culture (porte greffe, fruits pour alcool divers, etc..) 

3) A l'Ouest de la carte 12 alisiers poussent typiquement dans un bois et leur taille semblent exclure qu'ils soient les descendants de ceux du 1)en effet seul 32 cm de circonférence les séparent ils n'auraient donc que 12 ans d'écart ,hors les alisiers semblent ne fructifier qu'a 48 cm minimum soit  environ 20 ans même s'ils fructifiaient à 10 ans le délai serait bref pour traverser le site d'Est en Ouest 

Donc je pense que ces Alisiers n'ont pas pu faire partie d'un verger et que la présence de spécimens d' âge divers dispersés de Gagny a Chelles exclut une origine cultivée récente (40-50 ans).Le verger abandonné a donc été colonisé par les alisiers comme par les autres arbustes sylvestres (troène ,aubépine, etc..)...."
(Courrier Alain Thellier à ANCA, 8 Août 1994)

Depuis ce courrier la continuïté de sa répartition avec de nombreux vieux arbres dans les bois de Gagny à Chelles jusqu'à Montfermeil a été établie.