Le dossier complet (format word)
Dans le prolongement de la ZNIEFF de Gagny (93) le site du Beausset
est une enclave de champs et bois au pied du plateau de Montfermeil.
Il s'agit d'une pente exposée au sud-est, à l'aplomb
de la commune de Montfermeil, constituant le nord de la commune de Chelles.
Les sols de la pente sont constitués de marnes et gypses, surplombés
par le sable du sommet du plateau en grande partie urbanisée (la
commune de Montfermeil).
Cette pente est couverte de bois formés d'essences variées
selon les facteurs édaphiques (présence de zone dètrempées
et de ruisseaux temporaires) et les conditions d'expositions. Ces bois
ne sont pas exploités pour la sylviculture mais constitue une
réserve de chasse.
L'Est de cette zone abrite la carrière du Baussay qui recèle
la plupart des milieux ouverts tels que prairies sèches (pelouses
marneuses).
Dorycnium du Bausset (scan et plante fournie par Bruno
Macé). Plante méridionale des coteaux marneux déjà
signalée par Jovet en 1920 à Montferemeil.
Le sud de cette zone est resté agricole avec des champs de blé
et des jachères entrecoupées de haies et bosquets
Les champs du Baussay abritent des plantes messicoles
remarquables
Il est classé en ZNIEFF, en Espace Naturel Sensible et une demande
d'arrêté de protection de Biotope a été faite
par l'ANCA et le RENARD.
Ail à tête ronde (R en IDF) dans un bosquet
du Bausset
Il abrite un grand nombre d'espèces animales protégées
(oiseaux et même reptiles et mammiféres) et même 3 espèces
végétales protégées. (Bellevalia,
Falcaire,
Alisiersde
Fontainebleau ) |
Falcaire (protégée en IDF) à Chelles |
Une petite carrière de Gypse abandonnée
permet l'existence d'un flore calcicole héliophile.
Le site du Baussay est la plus grosse station d'Alisier de Fontainebleau
de tout l'Est Parisien avec plus de 100 spécimens dont certains
de plus de 50 ans d'age (150 cm de tour).
A l'autommne la carrière du Baussay se couvre
de couleurs, signe de la grande diversité des espèces arbustives.
LES ALISIERS AU BAUSSAY
La plupart des Alisiers de Fontainebleau
(80 sur 106 connus en janvier 1997) existent autour de la carrière
et des anciens vergers.
Il y a plusieurs raisons à cela:
1) Il s'agit d'un milieu ouvert, chaud généralement sec
donc favorable aux alisiers.
2) Cette partie posséde une flore très riche et a été
la plus prospectée.
3) Pour cette raison les alisiers s'y reproduisent préférentiellement
et les nombreux jeunes arbres sont particulièrement visibles
à hauteur d'homme.
4)La partie Ouest était constituée, jadis, de verger
et prairies, ce milieu ouvert à facilité après son
abandon la colonisation des arbustes thermophiles : églantiers,
viornes, cornouillers, alisiers.
Vieil Alisier de Fontainebleau de 150 cm de tour |
Quelques alisiers croissent en lisière Sud du coteau.
Le boisement a donc gagné de quelques mètres sur la lisière,
grace aux espèces arbustives les plus thermophiles.
Enfin des alisiers dispersés sur la plupart du bois suivent les
meilleures expositions spécialement entre les altitudes 70-100 mètres
,en évitant les vallons détrempés à peupliers.
Ces arbres, tous assez âgés, présentent une conformation
en houppier élevé de manière à rechercher la
lumière. L'examen direct des feuilles est alors impossible faute
de branches basses et seul l' examen conjoint de l'écorce et des
feuilles mortes peut permettre de les repérer.
Il s'ensuit qu'en milieu forestier sur des arbres élevés
et donc âgés le recensement peut se révéler
plutôt difficile. Ainsi paradoxalement les plus beaux spécimens
d' alisiers sont les plus discrets. |
LES ALISIER ET LES VERGERS
La côte du Baussay abritait jadis de nombreux vergers comme partout
en région parisienne. Certains ont été envahis d'arbres
et de broussailles, tandis que d'autres ont été remplacés
par des champs (remembrement) en laissant des parcelles incongrues de prunier,
de poirier, ou des noyers en lisière de culture. Parfois ces fruitiers
existent isolés sans que l'on sache s'il s'agit de survivant de
parcelles de verger ou d'arbres s'étant propagés seuls.
La spontanéité des Alisiers a déjà
été discutée par l'ANCA:
"....j'ai également mesuré
leur circonférence a environ 1 mètre du sol ,ceci m'a permis
d' établir les spécimens les plus âgés et donc
le sens de leur dispersion. Voici mes conclusions:
1 ) les 2 Alisiers les plus âgés
sont a la lisière de la friche qui est un verger à l'abandon
on peut estimer leur âge a 50 ans environ (selon A. Mitchell "Tous
les arbres de nos forets Bordas p 23) en admettant 2,5 cm/an qui semble
un âge minimum pour une espèce de faible développement
. Leur origine sauvage ou cultivée est donc litigieuse.
2) Les Alisiers poussant dans
le verger n'atteignent eux jamais 95 cm de circonférence et semblent
disposés au hasard ce qui semblent exclure que les alisiers aient
une origine de culture (porte greffe, fruits pour alcool divers, etc..)
3) A l'Ouest de la carte 12 alisiers
poussent typiquement dans un bois et leur taille semblent exclure qu'ils
soient les descendants de ceux du 1)en effet seul 32 cm de circonférence
les séparent ils n'auraient donc que 12 ans d'écart ,hors
les alisiers semblent ne fructifier qu'a 48 cm minimum soit environ
20 ans même s'ils fructifiaient à 10 ans le délai serait
bref pour traverser le site d'Est en Ouest
Donc je pense que ces Alisiers
n'ont pas pu faire partie d'un verger et que la présence de spécimens
d' âge divers dispersés de Gagny a Chelles exclut une origine
cultivée récente (40-50 ans).Le verger abandonné a
donc été colonisé par les alisiers comme par les autres
arbustes sylvestres (troène ,aubépine, etc..)...."
(Courrier Alain Thellier à
ANCA, 8 Août 1994)
Depuis ce courrier la continuïté de sa répartition
avec de nombreux vieux arbres dans les bois de Gagny à Chelles jusqu'à
Montfermeil a été établie.
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