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Présentation du site
Localisé sur la commune de Rosny-sous-bois, à 12 km de
Paris, sur le Plateau d’Avron, la Plaine de Rosny nommée Pelouses
du Château d’Avron, n’a jamais pu donner lieu à la construction
en raison de l’exploitation souterraine de carrières de gypse.
La plaine de Rosny comporte deux parties très distinctes:
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Les sols d'origines du plateau, plutôt siliceux, avec des mares
et prairies très vertes.
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Les sols remaniés par les comblements de carrière de
type friche sèche calcaire à aspect de steppe.
Mare temporaire sur ancien paturage mésophile
Aujourd’hui ce site constitue quelques «îlots » de
nature épargnés par la forte pression urbaine des années
1960. Les milieux abritant des espèces aquatiques tel que les batraciens
ou les libellules sont devenus rares. Nous développerons dans ce
dossier l’intérêt faunistique remarquable du site pour notre
département.
Située à une altitude de 114 mètres, altitude maximum
du Plateau d’Avron, cette étendue est isolée par la ville
de Villemomble au Nord, de Neuilly-Plaisance au Sud et de Rosny-sous-bois
à l’Ouest. Elle constitue en outre une continuité naturelle
avec la coulée verte qui recouvre les carrières souterraines
de Neuilly-Plaisance à l’Est, et prolonge également le site
des Vergers du Bel-air.
On notera que les Vergers du Bel-air sont inscrits en Zone
Naturelle d’Intérêt Ecologique Faunistique et Floristique
par le Ministère de l’environnement. Le site des anciennes carrières
de Neuilly-Plaisance font également l’objet de deux arrêtés
préfectoraux de Protection de Biotope suite à la demande
des Amis Naturalistes des Coteaux d’Avron, datant de 1989. Une de ces zone
concerne des mares à batraciens et l’autre, une zone d’Alisiers
de Fontainebleau, arbre endémique en Ile-de-France.
Intérêt culturel, historique et paysager des mares
Les mares peuvent avoir une origine naturelle. Elles correspondent
alors à des cuvettes au substrat imperméable, dans lesquelles
s’accumulent les eaux de pluie, de ruissellement ou de source. |
Une mare demandée en arrêtée de protection
de biotope |
Les mares sont cependant le plus souvent d’origine artificielle, liées
à des activités humaines ancestrales.Les mares ont en effet
été pendant très longtemps un auxiliaire privilégié
de l’homme qui en creusait presque partout où il avait des activités
:
Orchis Pyramidal |
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dans les cours de fermes pour diverses utilisations domestiques (toilettes,
eau de cuisine, de lessive et même de boisson), pour l’élevage
de canards ou comme réserve d’eau en cas d’incendie
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au centre des villages où ces mares étaient collectives
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dans les champs où elles étaient utilisées pour abreuver
le bétail, pour le drainage des terres (agissant ainsi contre les
inondations et l’érosion des sols) et pour la régulation
de l’hydrométrie atmosphérique lors des saisons sèches
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au bord des chemins où elles servaient d’abreuvoir pour les animaux
de trait ;
Dans ses publications sur les mares de Haute-Normandie, J. CHAIB présente
notamment les résultats d’une étude ethnoécologique
et historique des mares. |
Il explique que de tout temps l’homme a recherché la proximité
de l’eau. Ainsi au Paléolithique, il se cantonnait aux abords des
cours d’eau ou des sources ; au Néolithique, suite à une
forte augmentation démographique et au développement de l’agriculture
et de l’élevage, il a quitté les vallées et a appris
à tirer partis des petites collections d’eaux naturelles, puis comme
cela ne suffisait pas, il s’est mis lui-même à en créer
selon ses besoins, là où les propriétés du
sol et les précipitations le lui permettaient.
L’homme acquit ainsi une plus grande liberté d’extension dans
l’espace. Malgré les problèmes d’hygiène et l’inconvénient
de la baisse des réserves en eau lors des périodes de sécheresse,
l’homme n’a pu pendant longtemps (jusqu’au XIXème siècle)
trouver meilleur mode d’alimentation en eau que les mares qu’il creusait.
Ni les puits dont le coût de construction et d’entretien était
particulièrement élevés et dont les ressources restaient
très aléatoires, ni la collecte d’eau de pluie dans les citernes
dont le confinement rendait ces eaux tout autant insalubres, ne surent
remplacer les mares.
La véritable révolution n’interviendra qu’avec l’adduction
généralisée d’eau potable, le drainage artificiel
et autres fruits de la modernité qui signeront la fin de l’utilisation
(et donc du creusement et de l’entretien) des mares par l’homme. |
Ophrys abeille
Rare variété aurita albinos découverte
et photographiée par l'association Renard en Plaine de Rosny |
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On trouve au siècle passé, de nombreuses mares, réceptacle
des eaux superficielles, sur le sommet même du Plateau. Ce sont :
la Mare aux Loups, les Mares de la Pelouse et quelques autres sans dénominations
particulières. Celles-ci, bien qu’existant toujours à l’époque,
n’ont pas été prises en compte sur les cartes de 1890. La
guerre de 1870 avait complètement modifié le paysage du Plateau
d’Avron, surtout en ce qui concerne la partie boisée, pratiquement
anéantie.
Sur la carte de 1929, on observe en revanche très nettement les
mares, chemin d’Avron, chemin rural n°9 et lieu-dit «la Garenne
». On observe également tout prés de la mare du chemin
d’Avron, le chemin d’Exploitation donnant sur les carrières de gypse. |
Intérêt batrachologique et herpétologique
Sur six espèces de batraciens présentes sur le Plateau
d’Avron, cinq ont été observées sur la Plaine de Rosny.
Parmi elles, certaines sont rares au niveau régional et surtout
départemental.
Tous ces batraciens sont totalement protégés à
l’exeption de la grenouille verte qui bénéficie d‘une protection
partielle.
La présence de milieux aquatiques est un atout majeur de ce
site et permettent d’assurer la pérennité de ces espèces.
On remarque que ces animaux se situent sur
un « îlot vert » au centre de la ville et qu’ils
ne peuvent que très peu communiquer avec d’autres milieux.
Le réseau routier est un obstacle qui limite considérablement
leurs déplacements.
Triton ponctué
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Crapaud Alyte dans son trou
Notre méthode d’observation et de recensement des batraciens
pour le site fut de nombreuses sorties nocturnes durant les périodes
propices à la reproduction des batraciens. Au printemps pour la
majeure partie des espèces et au courant de l’été
pour le Crapaud accoucheur. Nous avons également effectué
des captures pour identifier les tritons et les larves. Cela nous a permis
d’estimer la densité de certains tritons. Il est ressorti qu’une
espèce tel que le Triton ponctué est bien moins représenté
et donc plus fragile que le Triton palmé. Ce type de recensement
a été pratiqué de manière à ne pas troubler
la tranquillité des individus. |
Intérêt ornithologique
La Plaine de Rosny est une continuité des carrières de
Neuilly-Plaisance inscrite en ZNIEFF.
Il semble évident que des échanges de population d’oiseaux
ont lieu avec tous les autres milieux du Plateau d’Avron et même
des espaces voisins (Glacis du fort de Noisy, parc des Beaumonts à
Montreuil, carrières de Gagny).
Les espèces nicheuses sont donc les mêmes que sur l’ensemble
du Plateau d’Avron et on peut rappeler que le Torcol fourmilier et le Pie-grièche
écorcheur était nicheurs jusqu’en 1989 !
La Plaine de Rosny est un «milieu ouvert » composé
d’une strate herbacée, d’une faible strate arbustive et de petites
zones aquatiques.
La strate herbacée domine le paysage, ce qui d’un point de vue
ornithologique nous donne des espèces « champêtre »
de milieux ouverts au cœur d’un environnement urbain.
Au total se sont 80 espèces observées sur la Plaine de
Rosny, partie intégrante du Plateau d’Avron, soit 49 espèces
nicheuses ou nicheuses à proximité, et 31 migrateurs (y compris
en survol). |
Fauvette grisette en plein chant
Le traquet pâtre certainement l'oiseau le plus
remarquable nichant en Plaine de Rosny
(Les deux photographiés en Plaine de Rosny le
2 Juin 2006) |
Ce site accueille une avifaune riche pour le département et la présence
de l’eau attire les oiseaux migrateurs que ce soit pour une courte ou longue
durée.
Ces particularités font de cet espace un milieu relictuel pour
un département où le nombre d’oiseaux champêtre diminuent.
Machaon
Argioppe |
Intérêt entomologique
La présence de milieux divers tel que les mares, les strates
herbacés, les strates arbustives les vergers offrent une richesse
d’insectes remarquable pour la petite couronne.
On remarquera également que de nombreuses espèces sont
méditerranéennes et que le microclimat qui règne sur
certaines pelouses peuvent les qualifier de pelouses thermophiles.
Parmi la diversité des espèces rencontrées sur
le Plateau d’Avron, nous avons sélectionné les plus remarquables.
Le recensement effectué par Gérard Brusseaux concernant les
lépidoptères du Plateau d’Avron totalise 321 espèces.
Les captures des coléoptères et des lépidoptères
nocturnes ont été réalisées sur les Vergers
du Bel-air situés au Sud de la Plaine de Rosny.
Notons la présence d’autres invertébrés remarquables
sur la Plaine de Rosny.
L’Argiope frelon (Argiope bruennichi) est une araignée tisseuse
de toiles se rencontrant dans les prairies et buissons chauds. |
| Sa présence est peu commune dans le département et mérite
notre attention.
La Mante religieuse (Mantis religiosa), située à l’extrême
nord de son aire de répartition, cet insecte affectionne les biotopes
chauds et ensoleillés. De nombreuses oothéques sont trouvées
dans les pelouses sèches de la Plaine. Cet insecte est protégé
par la loi au niveau de la région Ile-de-France.
Le grillon italien (Oecanthus pellucens), lui aussi protégé
en région Ile-de-France, car se trouvant également à
l’extrême Nord de son aire de répartition, se rencontre dans
tous les endroits secs, buissons, pelouses marneuses du Plateau d’Avron.
Il est particulièrement bien représenté sur la
Plaine de Rosny. |
Mante religieuse sur Calamagrostis |
Note sur l’intérêt mammologique
La Plaine de Rosny n’a pas été soumise à des inventaires
sur les mammifères. On peut cependant noter la présence certaines
de deux espèces protégées et régulières
en Seine-Saint-Denis, le Hérisson d’Europe (Erinaceus europaeus)
et la Pipistrelle commune (Pipistrellus pipistrellus).
D’autre part, la présence de deux carnivores également
réguliers sur le site, le Renard roux (Vulpes vulpes) et la Fouine
(Martes fouina).
La présence de micro-mamifères confère également
un intérêt pour les oiseaux prédateurs et les carnivores.
Centaurée noire,Centaurée des près
et Centaurée maculées, Carx vulpina et otrubae, Absinthe.
(Herbier récolté en Plaine de Rosny)
Note sur l’intérêt floristique
Parmi les espèces les plus remarquables du site
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Des méridionales : Polypogon de Montpellier, Iris fétide,
Scolyme d'Espagne, Baguenaudier
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Des prairiales: Sauge des près, Raifort, Ophrys abeille(notamment
"aurita albinos"), Centaurée des près, Centaurée noire,
Orobanche du picris, Carex disticha
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Des xériques et/ou steppiques: Vergerette acre, Absinthe, Centaurée
jacée, Centaurée maculée, Orchis pyramidal, Orchis
bouc.
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Des plantes palustres : Jonc des tonneliers, Jonc glauque,Carex vulpina,
Carex cuprina, Pulicaire dysenthérique, Saule noir-cendré
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Des calcicoles : Prunier de Ste Lucie, Aigremoine odorant
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